Qui était vraiment Napoléon Bonaparte…

Au moment de la passation des pouvoirs où l’on se plait à valoriser la jeunesse du nouveau chef d’Etat, en la comparant à celle de Napoléon, empereur dont le mythe est entretenu par les historiens et ses adorateurs, il est bon de savoir qui était vraiment Napoléon Bonaparte et, d’arrêter là les comparaisons.

Quelques citations tirées de ses mémoires vous en donneront une idée et vous serez surpris.

“Ma politique est de gouverner les hommes comme le grand nombre veut l’être. C’est la manière de reconnaître la souveraineté du peuple. C’est en me faisant catholique que j’ai gagné la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Égypte, en me faisant ultra-montain que j’ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais le peuple juif, je rétablirais le temple de Salomon.”

 Déclaration au Conseil d’État, le 1er août 1800 , (fr) Manager en toutes lettres, guide d’action et de culture (1995), François Aélion, éd. Les éditions d’organisation, 1999 (ISBN 2-7081-1803X), p. 330

“Toutes les religions depuis Jupiter, prêchent la morale. Je croirais à une religion si elle existait depuis le commencement du monde ; mais quand je vois Socrate, Platon, Moïse, Mahomet, je n’y crois plus. Tout cela a été enfanté par les hommes.”

Journal de Sainte-Hélène 1815-1818 (Gourgaud), Napoléon Bonaparte, éd. Flammarion, 1944, t. 1, partie 28 janvier 1817, p. 304

“Souvenez-vous bien de ce que je vous dis : le destin de votre règne dépend de votre conduite à votre retour dans la Calabre. Ne pardonnez pas. Faites passer par les armes au moins 600 des révoltés. Ils m’ont égorgé un plus grand nombre de soldats. Faites brûler les maisons de trente des principaux des chefs de villages, et distribuez leurs propriétés à l’armée. Désarmez tous les habitants et faites piller cinq ou six gros villages de ceux qui se sont le plus mal comportés. Privez de leurs biens communaux les villages révoltés, et donnez ces biens à l’armée. Surtout désarmez avec rigueur. Puisque vous comparez les Napolitains aux Corses, souvenez-vous que, lorsqu’on entra dans le Niolo, quarante rebelles furent pendus aux arbres, et que la terreur fut telle que personne ne remua plus. Plaisance s’était insurgée; à mon retour de la Grande Armée, j’y envoyai Junot, qui prétendait que le pays ne s’était pas insurgé et m’envoyait de l’esprit à la française : je lui ai envoyé l’ordre de faire brûler deux villages et de faire fusiller les chefs de la révolte, parmi lesquels étaient six prêtres. Cela fut fait et le pays fut soumis, et le sera pour longtemps.”

Lettre du 30 juillet 1806 de Napoléon à son frère Joseph, lors de l’accession de celui-ci au trône de Naples en 1806 –  Napoléon et Joseph Bonaparte: correspondance intégrale, 1784-1818, Napoléon Bonaparte, éd. Tallandier, 2007, partie Pièce N° 469, p. 275

“Napoléon n’a pas inspiré au monde moins de terreur et d’horreur qu’Hitler, ni moins justement. Quiconque parcourt, par exemple, le Tyrol, y trouve à chaque pas des inscriptions rappelant les cruautés commises alors par les soldats français contre un peuple pauvre, laborieux et heureux pour autant qu’il est libre. Oublie-t-on ce que la France a fait subir à la Hollande, à la Suisse, à l’Espagne ?

On prétend que Napoléon a propagé, les armes à la main, les idées de liberté et d’égalité de la Révolution française : mais ce qu’il a principalement propagé, c’est l’idée de l’État centralisé, l’État comme source unique d’autorité et objet exclusif de dévouement ; l’État ainsi conçu, inventé pour ainsi dire par Richelieu, conduit à un point plus haut de perfection par Louis XIV, à un point plus haut encore par la Révolution, puis par Napoléon…”

« Réflexion sur les origines de l’hitlérisme » (1940), dans Écrits historiques et politiques, Simone Weil, philosophe (à ne pas confondre avec Simone Veil, femme politique) éd. Gallimard, 1960, p. 13-14

“Les Arabes ont été pendant cinq cents ans la nation la plus éclairée du monde. C’est à eux que nous devons notre système de numération, les orgues, les cadrans solaires, les pendules et les montres. Rien de plus élégant, de plus ingénieux, de plus moral que la littérature persane, et en général, tout ce qui est sorti de la plume des littérateurs de Bagdad et Bassora.”

Mémoires pour servir l’histoire de France sous Napoléon, écrits à Saint-Hélène sous sa dictée, Napoléon Bonaparte, éd. Firmin-Didot, 1823, t. 2 (Général Gourgaud), Égypte – Religion, p. 258

En 1802, donc au début de l’Empire (sous l’influence de Josephine, son épouse) Napoléon revient sur les principes de la révolution :  

 «Je suis pour les blancs, parce que je suis blanc. Je n’ai pas d’autre raison, et celle-la est la bonne,» déclare-t-il au Conseil d’État en 1802. Le 29 mai 1802, il exclut de l’armée les officiers «de couleur», le 2 juillet, interdit le territoire métropolitain aux «noirs et gens de couleur» et le 8 janvier 1803, interdit les mariages mixtes.

Journal de Sainte-Hélène 1815-1818 (Gourgaud), Napoléon Bonaparte, éd. Flammarion, 1944, t. 1, partie 28 janvier 1817, p. 304

 

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