Transmission généalogique et astrologique : Françoise Dolto

Il y a trente ans, le 25/8/88, disparaissait  Françoise Dolto née Marette le 6/11/1908 à 20h10 à Vincennes.

La source de l’inspiration de ses révélations en psychiatrie est quelque part la conséquence de sa vie personnelle, qui fut celle d’une enfant  dont la mère était conditionnée par une éducation stricte, des croyances dogmatiques, sans aucune tendresse, mais dont le père était plein de compréhension et d’intelligence. Mais, cette explication est celle des gens qui ne font pas de l’astro psychogénéalogie ; cette “nouvelle science” que pratiquait déjà Jung, qui savait qu’on devait puiser plus loin pour aller aux sources des individus, notamment en remontant dans l’inconscient familial transgénérationnel.

Qu’on refuse de parler d’astrologie, dans des milieux qui se targuent de “scientifiques”, alors qu’ils sont justes aveugles et sourds, n’empêche pas que nous constations que de plus en plus de métiers du soin se servent des connaissances acquises de manière qualifiée de “pseudo scientifique”. Pourquoi refuser une aide qui offre des explications plausibles, et un secours : il est donc intéressant de tracer ses ancêtres pour découvrir ce qu’ils nous ont cachés, volontairement ou non (quand ils sont morts). Ceci a déjà l’avantage de déculpabiliser les mères qui sont encore accusées de tous les maux, car finalement nous devons reconsidérer cette soi-disant “toute puissance”*  avec humilité.

Voici une petite recherche sur la famille  de la grande Françoise Dolto.

Le Soleil est en Scorpion – Soleil sextile Jupiter, sextile Uranus –   formant un trigone mineur avec le trigone Soleil–Uranus. Ce Soleil est déjà fort pour faire passer ses idées au stade pratique et à l’innovation. Son ascendant est en Cancer avec Neptune rétrograde et le MC en Poissons est en trigone exact à 17°, elle va s’occuper des nébuleuses familiales. Mais son imagination qui lui faisait entendre et comprendre des choses que les autres ne percevaient pas, on peut dire qu’elle vient de son Neptune sur l’ascendant.

Jusqu’aux années soixante, la psychanalyse* n’avait pas pénétré la société et, on était  enfermé dans la conviction que l’enfant était un être non évolué, sur lequel on projetait une vision relativement négative. Florence Pernoux publia le  premier livre  pratique.

On sait les dégâts que cela a fait pendant longtemps, notamment dans la vie des mères des enfants autistes ou handicapés (et des pères aussi), qui furent accusées de tous les maux.

Son travail était empirique, fait d’intuition, encore aujourd’hui insuffisamment apprécié en France, car l’intuition n’est pas une méthode. Elle disait que “tout est langage”. Comme elle parlait aux bébés, elle passait pour une farfelue (Uranus angulaire). Mais, ce sur quoi elle pariait c’est sur la soif de “communication” du bébé. Elle mettait ses interlocuteurs au pied du mur, brusque en disant tout : Mars et Mercure en Balance.

Chez  Madame Suzanne Demmler, mère de Françoise, nous sommes  dans le cas de la mère toute puissante, qui a failli casser une surdouée. Mais finalement ce ne fut pas le cas, Françoise a vaincu le dragon – entre son bac et ses 21 ans elle ne put pas étudier !  Peut-être faut-il voir dans ce défi,  une de ces nécessités de la vie, qui par la polarité,  lui a permis de faire jaillir une manière de comprendre les imbroglios familiaux, de comprendre la grande plasticité du cerveau de l’enfant dès son plus jeune âge (qu’on commence seulement à vérifier grâce à des expériences sur les nouveau nés).

Françoise Dolto préconisa de communiquer avec un bébé comme avec un adulte dès le premier jour (et même dès la conception) ; elle est à l’origine de l’amélioration des conditions des nouveaux nés prématurés (contact peau à peau), elle a montré comment une parole, un évènement insignifiant pour les adultes pouvait provoquer des traumatismes durables chez un enfant.

C’est particulièrement bien expliqué dans le livre de Willy Barral «le corps de l’enfant est le langage de l’histoire de ses parents». Et surtout, elle a expliqué qu’il ne fallait jamais mentir aux petits enfants, quel que soit le poids du message qu’il fallait donner.

En ce qui concerne ses livres et publications, ils ne sont pas toujours aisés pour les néophytes que nous sommes dans l’ensemble (“L’image inconsciente du corps”), mais Jean Sauverac a écrit un livre passionnant sur Françoise Dolto, qui permet de comprendre pas mal de choses…

Ce que je veux mettre en avant ici, c’est la relation karmique, qu’il y a eu entre la mère et la fille, mais qui finalement n’a pas empêché  le destin de  s’accomplir.

Françoise a eu trois enfants (sa mère sept) Grégoire-Carlos, l’ainé (20/02/43), l’artiste connu et disparu trop tôt, au départ  kinésithérapeute (Carlos possédait  une Lune conjointe Chiron en FC qui décrivait sa mère médecin consultant à domicile,  un Soleil Verseau, un Jupiter en Cancer en exaltation), puis un second fils devenu architecte naval (né le 28/11/44) et, enfin une fille, Catherine (5/8/46) devenue également médecin en recommençant aussi des études à 24 ans (retour de Jupiter en Balance conjoint à Chiron natal), spécialiste dans l’haptonomie (le toucher). Chose étonnante sa grand-mère paternelle était fille d’un accoucheur et d’une sage-femme, donc ses arrières grands-parents s’occupaient déjà des nouveaux-nés (mais nous n’avons pas les coordonnées de Boris Dolto).

Chez Françoise  et Suzanne, dans cette lignée, ce qui fait la continuité entre les femmes, c’est Saturne au MC* (l’ambition, la réussite difficile, tardive et contestée), ce qui fait l’innovation, c’est Uranus angulaire (au DS pour Françoise et au MC pour Catherine). Cependant, on ne manque pas de remarquer que la sensibilité est en bonne place avec Neptune – AS chez les deux,  tandis que  chez Carlos (thème plus bas) Neptune  en secteur V indique son mode d’expression : le jeu, et la V est l’expression de la personnalité.

On voit ici, qu’en trois générations, il y a eu une constante mais avec une sensibilité différente.

Catherine a, comme sa mère, Vénus et Mars angulaire mais en AS dans la Vierge. qui fait un carré avec  Uranus en Gémeaux, très présent dans les autres thèmes. Tandis que sa Lune en Scorpion désigne sa mère Françoise (et la grand-mère).

Madame mère Suzanne Demmler avait un Neptune conjoint Chiron : malgré elle, toute sa lignée  fut une lignée de médecins, car les enfants prirent du père dont c’était la vocation.  Elle avait un énorme amas en Taureau, Neptune – Chiron – Lune noire – Mars  conjoint Lune en Gémeaux qui en faisait une femme, certainement aimante, mais possessive et incapable d’évoluer. Cet amas est cependant trigone à Vénus en Vierge.

La Lune de Suzanne en Gémeaux,  est conjointe Mars, conjointe Pluton, puis Lune noire puis Chiron et Neptune. Elle symbolise quel type de mère elle est , portant en elle la violence, la tendance dominatrice, et une ambiguïté Lune noire conjointe Pluton qui pouvait être de la frustration : elle ne pouvait pas imaginer que les femmes allaient se libérer de la pesanteur qui les confinait dans le rôle maternel.

Madame Demmler  accabla Françoise d’un poids fatal en la chargeant le jour de sa première communion de sauver par la prière, sa sœur gravement malade. Comme celle-ci mourut – Jupiter conjoint Lune noire en secteur III et Vénus opposée Saturne – Madame Demmler (Lune en Gémeaux conjointe Pluton-Neptune) l’a rendit responsable, lui reprochant “d’avoir mal prié”, lui dit son regret que ce ne fut pas elle qui soit morte parce qu’elle “était moins belle, que sa sœur qui était blonde comme son père”, par la suite, l’empêchant de faire des études de médecine (de peur qu’elle ne puisse se marier), tolérant seulement qu’elle soit infirmière, si bien que ce n’est qu’à 24/25 ans, en travaillant (son père lui loue un studio : sa mère ne lui parle plus, parce qu’elle a rompu avec un fiancé) , que Françoise pu enfin commencer ses chères études (retour de Jupiter  opposé Soleil natal) tout en faisant son analyse avec le psychiatre René Laforgue.

Ces deux femmes ont beaucoup en commun : un axe des nœuds dans l’axe de maisons VI/XII, mais inversé, le noeud nord en XII en Gémeaux pour Françoise qui passe sa vie dans les hôpitaux car c’est sa destinée positive, avec une lutte et une obstination farouche pour atteindre son but, tandis que pour la mère “cette vie n’était pas possible pour une femme bien”,  avait le noeud sud en Cancer en secteur XII (ce qui en dit un peu sur son ressentiment maternel par rapport à ses sept grossesses et à la vie de famille. On peut imaginer que la mère avait horreur de tout ce qui touchait à la faiblesse et à la souffrance, d’autant que sa fille Jacqueline disparue, était au centre de son karma. Pour des raisons de convenances, mais aussi sans doute par horreur de ce milieu, elle ne comprenait pas la vocation de sa fille. Elle a le Soleil en  Balance en IV ce qui évoque un désir profond de raffinement, de douceur… et de convenance, qu’elle exprimait bien par sa rigueur, comme un noeud nord en Capricorne en secteur VI.

Pour l’entêtement à ne céder ni l’une ni l’autre, on trouve Saturne chez les deux en Bélier, quasi conjointes. Françoise à la Lune en Bélier, l’autre à la Lune conjointe à Mars !

En regardant les deux thèmes, on note encore d’autres ressemblances : Neptune en Cancer AS pour Françoise maitrisé par la Lune, et Neptune en Taureau au MC pour Suzanne que la Lune maitrise par exaltation, et pour finir, elles ont toutes les deux Mercure en Balance, Lune conjointe Mars pour l’une et, Lune en Bélier pour Françoise, elles ont toutes les deux la Balance en secteur IV, ce qui explique qu’elles ont réussi à vivre ensemble jusqu’au 24/25 ans de Françoise, date du retour de Jupiter : or elles avaient toutes les deux leur Jupiter en opposition, Françoise dans le signe de la Vierge conjoint Chiron et Suzanne en Poissons, dans ce même axe de signes du service. (Il ne faut pas oublier que Suzanne avait eu sept enfants et que le service, elle devait savoir ce que c’était (noeud nord Capricorne).

Par les relations de travail, elle rencontra Boris Dolto, un réfugié venant de Crimée qui soignait selon les découvertes de Françoise avant de la rencontrer, ils se marient en février 1942  et, «trouvent» un appartement meublé rue St-Jacques, peut après la rafle du Vel-d’hiv (Françoise dira plus tard qu’elle était bien naïve). Boris n’a pas la possibilité de faire les études de médecine qu’il voudrait, mais il deviendra plus tard un grand kinésithérapeute. Boris étudie la médecine en travaillant chez Renault où l’on ne fabriquait plus de voitures à cette époque (effort de guerre) et, soignait les résistants.

A cette époque, elle voit disparaitre tous ces collègues, qui, dans les camps, qui, à l’étranger. Son frère Philippe intervient à St-Anne, lieu où les malades meurent de faim par manque de nourriture et des “soins inappropriés” des psychiatres faisant des tests et expérimentations sadiques). Trois de ses frères sont résistants. Son mari est arrêté, soupçonné d’être juif communiste, mais s’en sort il a eu sa ration d’ennuis malgré la nationalité française prise en 1937.

Les enfants parisiens ou d’immigrés voient leurs parents disparaitre, et trainent dans les rues à la recherche de nourriture et d’un abri ; c’est à partir de cette époque qu’elle s’intéressera aux enfants laissés pour compte, qui souffrent des tourments de la guerre, et se consacrera aux traitements des névroses familiales. Plus tard, entre 67 et 68, puis entre 76 et 78, l’émission hebdomadaire “Lorsque l’enfant paraît”, sur France-Inter marque l’apogée médiatique de Françoise Dolto elle répondra  à la radio aux lettres des auditeurs où elle vulgarisera la psychanalyse au bon sens du terme. Mais  elle refusera surtout qu’on la prenne pour un gourou,  bien qu’on l’ait qualifié de magicienne à cause de son don pour guérir.

Pour beaucoup de français ordinaires des années 40/45, la vie passait du normal à l’anormal.

On peut voir l’intervention de l’interaction entre le privé et le social  avec : Chiron en Verseau en VIII, dont le maitre est Uranus 14° au D S 15° en Capricorne, Saturne maitre d’Uranus au M C (vocation), Mars carré Neptune opposé Uranus, Pluton, en XII au nœud nord, (travail et vie vouée à la psychologie des profondeurs, souvent au contact de la mort) et… le Soleil en  Scorpion.

Le maitre du nœud nord en Gémeaux est Mercure en Balance conjoint Mars : on peut y voir sa parole optimiste et percutante lorsqu’elle soulageait les maux des parents au micro de la radio dans les années soixante-dix, époque de la parole libérée, autorisée (avant, un médecin n’aurait pas pu). Ainsi, elle a sorti la psychiatrie des hôpitaux, la psychologie a nourri les débats, ouvert les esprits, au-delà des tabous et des limites imposées, permettant à tous d’avoir des outils pour comprendre.

Notons au passage qu’en V/XI, l’axe de l’amour, elle avait  les signes de la possession-dépossession en Taureau-Scorpion  interceptés, tandis que que les régents Vénus et Mars de ces signes étaient  en IV en Balance famille/Couple associé, avec Vénus dans son domicile mais conjointe à Mars et opposée Saturne.

Ce qui marque bien qu’elle avait en elle les questionnements de souffrance qui la poussait à comprendre les autres, et en V  les enfants, mais pas seulement, les familles de ces enfants. Elle comprenait bien, qu’en en soignant un membre de la famille, elle en déstabilisait peut-être un autre. Elle désirait que le père soit toujours consentant, car pensait-elle, et à juste titre, on ne peut soigner sans s’immiscer dans une famille au risque de la détruire. En effet, surtout après soixante-huit, elle eu souvent à faire à des familles monoparentales, tandis que durant la guerre elle avait eu affaire à des ruptures et coupures familiales violentes (travail obligatoire des pères, déportations, emprisonnements).

Au final, on voit  dans son thème, que le trigone d’eau qui est le grand trigone du ressenti –Neptune 16° en Cancer en trigone exacte au MC à 17° en Poissons, le Soleil à 16° en Scorpion – relie  les maisons de l’âme, avec les planètes qui les habitent (Mars-Vénus en IV, les régents des nœuds en VI/XII, Pluton en XII maitre du Soleil en V, de la maison VIII et de Chiron en VIII).

Chez Françoise, Mars à 18° en Balance (maitre du Soleil Scorpion et de la Lune Bélier) forme un t-carré composé des carrés à Neptune R  25°30 sur l’AS Cancer et à  Uranus 13° sur le DS Capricorne : Mars conteste les idéologies neptuniennes -religieuses- de la famille de cette période conservatrice (elle voit tout le mal qu’elle a fait durant la période 40/45, et, va avec culot, à l’aube de ses quarante ans  (Uranus DS en Capricorne) se consacrer à une transformation de la vision de la famille, en travaillant grâce à la psychologie des profondeurs,  (Saturne au MC, maître de du DS). Ainsi on peut voir que les deux luminaires ne jouent pas sur le registre de la douceur, seule la parole véhiculait une tendresse, mais elle était directe, franche, et certains trouvaient ses déclarations sans ménagement. Elle fut critiquée pour cela : dire tout de go à un jeune enfant qu’il est le résultat d’un viol, pose problème. Mais, elle obtenait des résultats, parce qu’elle positivait l’enfant, tout en lui faisant comprendre les enjeux des situations, ce qu’il comprenait (comme il pouvait).

On est surpris de voir qu’un t-carré (presque identique) existe chez Madame Demmler avec Mars en Taureau – conjoint Lune  carré  Uranus en Vierge opposé Jupiter en Poissons. Il existe aussi chez Carlos (Soleil Poissons, ascendant Gémeaux), avec Uranus-Saturne en Gémeaux en XII carré aux planètes de l’opposition Lune-Soleil de la pleine Lune dans l’axe Poissons Vierge, ce qui marque pour lui, à la fois le manque affectif et le sentiment d’être différent : il a raconté que sa mère leur accordait un rendez vous journalier dans son cabinet de consultations, pour qu’ils puissent la voir.

Catherine, elle, a une Lune Scorpion carré au Soleil conjoint Pluton. Elle a surement au départ, refusé de faire le parcours de sa mère (Lune carrée Soleil) en échouant plusieurs fois à son bac, mais finalement à 24 ans, elle a suivi sa voie. Uranus Gémeaux MC, carrée Vénus- Mars sur l’AS Vierge ( madame Demmler aussi) qui a le Soleil et Mercure en Balance (comme Françoise), signe d’air qui est cependant AS Cancer (comme Françoise) mais la présence de Mars et Pluton en a fait la personne, que l’on sait. Catherine possède la conjonction Soleil – Pluton et Mercure en Lion et, a surement réalisé ce que sa grand-mère n’avait pu faire.

Carlos, AS Gémeaux(Soleil et Vénus exaltée en Poissons) Mercure à 4° (et un le noeud sud en Verseau) qui superpose le Chiron de Françoise,  à 8° en Verseau  ;  il a choisi de faire du bien en chantant  (Lune au noeud nord maitre de la II et de la III),  avec une parole gaie et fantaisiste, souvent parvenue dans les foyers au moyen de la télévision dans les années soixante-dix/quatre-vingt. Uranus carré Soleil, Mars en VIII en Capricorne, maitre du signe du Bélier intercepté indique une disparition soudaine, rapide.

On voit aussi un t-carré avec Uranus et Saturne conjoint en XII en Gémeaux (encore le secteur du service), carrés à la Lune Vierge – Chiron – noeud nord Lion, et au Soleil – noeud sud, la Lune en IV qui soigne

Dans les thèmes, on voit que les signes de Mercure, Gémeaux et Vierge sont très privilégiées par les planètes, mettant en avant la connaissance, l’analyse et l’intellectualité. Chez Suzanne Mercure est opposé Saturne, bien que sa lune soit en Gémeaux, et chez Françoise Mercure est opposé Lune, deux représentations des parents, donnant au plan du caractère un mental qui a du mal à accepter la nouveauté, et de l’autre un mental adaptable qui a la plasticité de la Lune.

* héritées des “religions du livre”  qui ont culpabilisé et responsabilisé à outrance (c’est un fait) bien que dans certains coins du monde, dans certaines ethnies,  le matriarcat existe encore et  que les fondations des constatations de Freud soient issues du Talmud.

* En 1964, elle suit Jacques Lacan lors de la création de l’École freudienne de Paris. Le couple Lacan-Dolto s’affirme rapidement comme fondateurs du freudisme français. Son enseignement se détache totalement de la psychologie universitaire. Dans ses séminaires, elle répond aux participants à partir de sa clinique afin de dégager une éthique de la psychanalyse d’enfant. Elle est aussi probablement la première à enseigner la psychanalyse en faisant assister ses collègues, non pas à des consultations sur le modèle médical, mais à toute la durée de ses cures avec les enfants. Des générations de psychanalystes se sont ainsi formées à la logique de l’inconscient, à la liberté qu’elle donne et à la rigueur de l’éthique, toutes choses que Françoise Dolto incarnait. Autant on reconnaît son génie clinique, autant il est fréquent qu’on lui dénie son travail théorique. Elle ne faisait pourtant aucune différence entre clinique et théorie. La psychanalyse en général et Françoise Dolto en particulier sont intimement liées à la transformation du statut de l’enfant : du tube digestif aveugle et sourd qu’il fallait éduquer en le dressant, on est passé en quelques décennies à l’enfant-Sujet inscrit dans le langage avant même de le posséder, anticipant les découvertes plus tardives des neurobiologistes. (Caroline Eliacheff)

Voir documentaire “la révolution Dolto”, qui exagère quand même la “nunucherie” de ces années (interview de Catherine) : tout le monde n’en était pas resté au stade des enfants qui naissent dans les choux-fleurs, notamment dans les campagnes où la vie animale s’étale. Est-ce un pour cette raison qu’elle a appelé ses maisons d’accueil et des mamans et des enfants de moins de trois ans, centre où l’on jouait mais aussi où l’on pouvait demander des conseils, les maisons vertes ? Où bien est-ce parce qu’elle citait souvent la phrase du prophéte Ezechiel, Livre d’Ézechiel, chapitre 18, versets 1 à 9: ” Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées? “

 

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