Le secret de famille

Le secret de famille est motivé par l’incapacité qu’a une personne à dépasser le niveau de conscience de la société et de la famille dans lesquelles elle vit ; son destin individuel est en porte à faux, avec les valeurs dans lesquelles elle évolue, elle se trouve donc en conflit avec son arbre généalogique, sa société, sa culture.

Dans une situation pareille, la seule solution vraiment saine est pour elle d’accéder à un niveau de conscience plus élevé. Si la personne assume son acte, ou ce qui lui est arrivé, trouve une manière de communiquer avec sa famille de faire circuler la vérité entre adultes, coûte que coûte, le prix à payer pour les descendants sera toujours moins élevé. L’inconscient familial interagit avec l’inconscient personnel pour le meilleur et pour le pire.”

Si une déviation a eu lieu dans la famille, mieux vaut s’en ouvrir honnêtement à la communauté familiale. Chacun sera libre de penser, de réagir, en fonction de ses croyances et de sa maturité personnelle. Il est possible qu’une personne qui a été victime d’un abus, d’une situation frustrante, d’une injustice, ne reçoive pas le soutien de sa famille une fois le secret partagé.

Quelle que soit la situation, quelle que soit la gravité apparente du secret, la vérité est toujours préférable au silence. Non pas en vertu d’une morale quelconque, mais parce que l’inconscient familial est toujours informé du secret, et que chaque membre de la famille le porte, par conséquent, comme son destin propre,  sans le savoir.

Du point de vue de la conscience, la honte n’est qu’un fait artificiel social. Si l’on propose à un artiste: « dessine, écris, joue, ce qui te fait honte », il produira (peut-être) une série de dessins érotiques d’une qualité extraordinaire, ou un livre bouleversant ou un spectacle hilarant; les créateurs savent que la honte est un sas qui mène aux portes de l’inconscient profond. Tout ce qu’on retient par honte correspond en nous à un trésor caché, que l’on refoule par désir d’être « bien vu », similaire au désir infantile d’être aimé.

Une personne qui a honte de ses actes ou de ses désirs sexuels, a en réalité besoin d’assumer la puissance de ce courant de libido qui la traverse, et de lui donner une forme qui soit juste, pour elle. Une personne qui a honte de son exclusion sociale a en réalité besoin de trouver la place qui lui correspond. Une personne qui a honte d’avoir été victime, a en réalité besoin d’être comprise dans sa douleur, son humiliation, et restaurée dans sa capacité d’être aimée pour ce qu’elle est.

Le secret de famille, motivé par la honte, correspond à l’écart entre la vérité profonde des êtres et la pression sociale à laquelle ils ont dû faire face.”

Extrait de la “Métagénéalogie”, qui est encore un autre mot inventé par Alexandro Jodorowsky pour la psychogénéalogie, dont on parle depuis le début des années 1980.

“Ce mot a été vulgarisé au point de couvrir des pratiques diverses qui vont de la psychologie à des pratiques de médiumnité invérifiables. Mais leur point commun est qu’elles participent de la même prise de conscience, émergente depuis plusieurs décennies: l’influence de la lignée sur l’individu.

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